Marie-Thérèse Porchet
La leçon de foot de Marie-Thérèse
Elle revient avec un nouveau spectacle et un nouveau but: devenir la mascotte de l’Euro 08. Pour y parvenir, Marie-Thérèse n’a pas
ménagé ses efforts, envahissant les coulisses et les stades pour se familiariser avec ce monde de virilité et de sueur. Passant même un savon aux joueurs, sur le terrain comme dans les
douches.
Photos: Lionel Flusin
Voui, elle est de retour. Voui, elle porte encore son costume Chanel ringard et sa mise en plis légendaire qui vont de pair. Trois ans
pourtant qu’on n’avait plus aperçu sa silhouette familière sur une scène romande. Heureusement, il y a l’Eurofoot. Et une grande narcissique comme Marie-Thérèse Porchet née Bertholet ne pouvait
résister à l’idée de jouer un rôle dans cette grand-messe du ballon rond. Rappelez-vous: les deux tournées de Knie, en 2001 et 2004, où elle a essayé de leur voler la vedette. La truie en elle
veut toujours mettre son groin partout. Aujourd’hui, MTPNB n’aspire à rien de moins dans son nouveau spectacle, EuroPorchet, que de devenir la mascotte de l’Euro 08. A sauver Köbi Kuhn, à faire
gagner Alex Frei et ses potes, à réunir en cet annus footballisticus la Nati et la Marie-Thérèse dans le cœur des supporters.
Pas une spécialiste
Et puis, aussi, à rencontrer de beaux sportifs à la cuisse musclée, histoire de nous sortir une fois encore cette expression si peu
littéraire mais tellement explicite: «Mais quelle belle viande!»
Première représentation le 26 avril prochain à Lens. C’est dire que les dernières répétitions vont bon train. Il s’agira de tenir deux
mi-temps sur scène et la tâche est rude. Surtout que ni Marie-Thérèse, ni Joseph Gorgoni, 42 ans, qui se cache sous sa perruque et sa jupe depuis quinze ans, ni Pierre Naftule, qui a créé le
personnage avec lui et écrit les textes, n’étaient, jusqu’à peu, des spécialistes. «Plutôt affiliés au FC Canapé», sourit le metteur en scène, qui s’est plongé avec son compère depuis plusieurs
mois dans Le football - Ma grande encyclopédie, aux Editions Milan.
C’est que Marie-Thérèse était plus familière de la tchatche que du tacle, du tupperware que du corner. Pas facile non plus pour un
comédien comme Gorgoni de passer du jeu au hors-jeu. Petit, il préférait nettement imiter Cloclo que Platini, passer un 45-tours dans sa chambre plutôt que de taper dans un ballon avec les
copains.
Aujourd’hui, c’est pourtant une vraie spécialiste qui nous fait face. Elle a d’ailleurs revêtu la tenue d’arbitre et s’apprête, en ce
dimanche 6 avril, à nous faire oublier Nicole Petignat sur le terrain, mais surtout à tourner quelques séquences d’un film qui sera projeté sur grand écran durant le show. L’équipe des vétérans
du FC Satigny, où jouent deux anciens du Servette, Duchosal et Cravero, l’attend de crampon ferme. Ça commence par un drôle de pas de sirtaki, elle lisse sa mise en plis, trois petits tours de
terrain et voilà MTPNB qui crache ses poumons. «Arrêtez de bouger tout le temps», hurle-t-elle aux joueurs de sa voix de haute-contre. Elle siffle, personne ne s’arrête. Elle multiplie les
erreurs, ou plutôt les horreurs d’arbitrage, donne un carton rouge à un joueur qui vient de se faire vicieusement faucher, mais tend son numéro de téléphone privé à l’auteur de la faute, très à
son goût.
«Coupez», lance Naftule, derrière la caméra. Le temps pour Marie-Thérèse de redevenir pour quelques instants Joseph. Et d’avouer qu’il
s’entraîne presque aussi dur que les joueurs de l’Euro. «Hier, je me suis couché à 21 heures. Cela faisait des années que ça ne m’était pas arrivé!»
Marie-Thérèse en plein stade
L’autre jour, Marie-Thérèse s’est même invitée au Parc Saint-Jacques, à Bâle, pour le match Suisse-Angleterre. «J’avais quelques
appréhensions, souligne Joseph. Je me demandais comment les 42 000 spectateurs allaient réagir devant ce travelo en plein stade!» Marie-Thérèse a finalement été bien accueillie, certains
l’appelant comme une vieille connaissance. On n’est pas un des comiques les plus appréciés de Romandie pour rien. Preuve en est: après s’être fait passer un savon sur le terrain, les joueurs du
FC Satigny ont même accepté qu’elle le leur passe sous la douche. Un grand moment de vapeur et de sensualité!
Dans le spectacle, MTPNB rêve de rencontrer le gardien Pascal Zuberbühler, son joueur préféré, qui méritait, évidemment, à ses yeux,
d’être titularisé. Le gardien de Xamax l’a donc reçue dans son fief de Neuchâtel entre deux entraînements. Dans ses bras, MTPNB est restée presque aussi immobile que le ballon. «Je suis ravi
d’être avec toi, lui a dit Zubi à l’oreille, il faut absolument que j’aille te voir en live.» Marie-Thérèse a défailli, le sifflet définitivement coupé. Depuis, c’est peu dire qu’elle ne touche
plus le gazon.
«EuroPorchet»: Lens (VS), sous chapiteau, 26 avril; Sion, la Matze, 29 et 30 avril; Genève, du 6 au 10 mai, Grand Casino; Yverdon, du 14
au 18 mai, Théâtre Benno Besson; Montreux, 20 mai, Auditorium Stravinski; Monthey, 21 et 23 mai, Théâtre du Crochetan; Morges, du 24 au 26 mai, Théâtre de Beausobre; La Tour-de-Trême, du 27 au 29
mai, salle du CO2; La Chaux-de-Fonds, 30, 31 mai, 1er juin, Théâtre L’heure bleue; Neuchâtel, du 3 au 8 juin, Théâtre du Passage; Lausanne, 28 juin, Théâtre de Beaulieu. Billets: dans les gares
CFF et renseignements au 079 822 22 22. Sites internet: www.marie-therese.ch ou www. resaplus.ch
source : http://www.illustre.ch/index.cfm?id=2800
Commentaires